Désertification médicale (pas seulement) de l'Yonne

Publié le par Commité Npa Auxerre

Qui aujourd'hui n'est pas confronté au problème de la désertification médicale à Auxerre et plus globalement dans l'Yonne ?

Délais extrêmement longs pour obtenir un rendez-vous auprès d'un spécialiste, non remplacement des médecins généralistes libéraux partant à la retraites, hôpitaux surchargés, saturés, des heures d'attente à SOS Médecins... tous les jours et de plus en plus, les icaunais subissent l'état de délabrement de la médecine dans leur département. Et rien ne semble être fait pour remédier au problème.

La population de l'Yonne est vieillissante, le nombre d'actifs diminue de façon alarmante, résultat, les médecins ne veulent pas s'installer dans le département. L'Yonne est dans le peloton de tête national des départements les plus touchés par la désertification médicale. Mais il faut regarder cette évidence de plus près. Car, en fait, c'est la médecine publique qui est le plus touchée dans l'Yonne par cette désertification. Contrairement à l'ensemble de la région Bourgogne, l'Yonne compte plus de médecins libéraux que de médecins publics (salariés). Pourtant, la situation ne va pas rester la même longtemps, car les départs en retraite des médecins libéraux ne seront pas remplacés. Aucune médecin libéral ne frappe à la porte du département. L'Yonne ne serait donc pas assez attractive pour les médecins libéraux. Ça peut se comprendre vu l'état de délabrement généralisé du département à tout point de vue. Mais ce qui serait intéressant alors, c'est qu'un véritable service public de santé soit développé dans le département.

La population n'a pas besoin de plus de médecins libéraux, elle a besoin d'une véritable médecine, accessible à toutes et tous.

La politique libérale menée depuis des décennies ne fonctionne pas et mène le département à la désertification généralisée dans tous les domaines.

Nous avons besoin d'une politique courageuse de municipalisation et de départementalisation des services publics, y compris bien sûr de la santé.

Le vieillissement de la population de l'Yonne n'est pas une fatalité, il est le résultat de cette même politique libérale qui préfère développer le commerce de la grande distribution plutôt que de créer de véritables emplois en attirant l'industrie, ou , au moins, ne pas la laisser partir. Les jeunes ne restent pas dans le département et le quittent pour aller faire leurs études ailleurs et ne reviennent pas. Seul l'apprentissage permet de garder les jeunes sur place. Mais pour quel avenir ? Des boulots précaires ou sous qualifiés.

Mais bien sûr, pas question de faire venir des entreprises à coup de subventions publiques pour qu'elles repartent en licenciant une fois les subventions encaissées et dépensées.

La désertification rurale, n'est pas une fatalité non plus. Plutôt que de laisser l'agriculture aux mains de quelques gros propriétaires, industriels et des banques régionales, il faut relancer une véritable politique agricole de proximité et de qualité.

La médecine libérale n'est pas adaptée à notre département qui se paupérise de plus en plus. Seule une véritable médecine publique peut répondre aux besoins de la population.

Attirer les médecins salariés peut se faire si, en même temps, une véritable politique de l'emploi est menée.

Oui, tout est lié. La désertification médicale du département est liée à la politique de l'emploi, mais également à celle de la culture.

La culture libérale et bourgeoise de nos élus a mené depuis plusieurs décennies le département dans le mur.

Cette politique qui préfère sacrifier les écoles et les collèges, vider les quartiers de toute vie et embellir les trottoirs pour un tourisme de passage qui ne rapporte rien à part à quelques commerçants aigris qui ne pensent qu'à leur petits profits à court terme.

La désertification de nos campagnes est le résultat de cette politique qui ferme un collège comme celui de Migennes.

http://yonnelautre.fr/spip.php?article8262 ou menace de fermer celui à Auxerre, le collège Bienvenu Martin.

Il serait temps que l'on reprenne le contrôle.

Il serait temps que les conseils de quartier ne soient pas de simples réunions d'information inutiles où rien n'est décidé par les citoyens et où tout est joué d'avance.

Il serait temps que de véritables conseils de quartiers, populaires, soient mis en place et décident réellement de la politique que l'on veut mener dans nos villes, dans nos campagnes. Mais ces conseils de quartier, c'est à nous de les mettre en place, sans attendre qu'on nous en donne l'autorisation.

Quelques sources :

Désertification généralisée dans l'Yonne

L'Yonne Républicaine - L'Yonne se désertifie aussi vite que Paris

L'Yonne Républicaine - Infographie désertification médicale

Démographie médicale : les départements les plus touchés d’ici 5 à 10 ans

http://www.lagazettedescommunes.com/328769/demographie-medicale-les-departements-les-plus-touches-dici-5-a-10-ans/

http://www.leparisien.fr/lyon-69000/contre-la-desertification-medicale-un-village-de-l-yonne-cree-son-centre-de-sante-03-10-2013-3193331.php

L'Yonne Républicaine du 8/8/2016

Les déserts médicaux gagnent du terrain dans l'Yonne

Entre 2012 et 2016, la possibilité d’accéder à des soins d’ophtalmologie s’est détériorée pour 99 % de la population icaunaise, selon une récente étude de l’association de consommateurs UFC-Que choisir.? - Illustration SALESSE Florian

L’UFC-Que choisir a publié, fin juin dernier, une enquête autour de l’accès aux soins, en France. Le département de l’Yonne y fait figure de parent pauvre.

Si le constat ne date pas d’hier, les inquiétudes pour demain restent entières. Selon une enquête de l’association de consommateurs UFC-Que choisir sur l’accès aux soins en France, rendue publique fin juin dernier, les déserts médicaux gagnent du terrain dans l’Yonne. Et la fracture sanitaire s’aggrave.

Accès à un généraliste, 15 % des Icaunais dans un désert

Prenant en compte les dimensions géographique et financière, l’étude évalue l’accès aux soins de la population dans quatre spécialités : médecine générale, ophtalmologie, pédiatrie et gynécologie. Et, à une exception près (la pédiatrie), la situation s’est dégradée depuis la dernière enquête de ce type réalisée par l’association, en 2012. Pour l’accès à un généraliste, 15 % des Icaunais se trouvent actuellement dans un désert médical. Soit, selon les critères de l’association, sur un territoire où la densité de médecins par habitant est 60 % inférieure à la moyenne nationale.

Concernant les généralistes toujours, la situation s’est détériorée pour 76 % des Icaunais en quatre ans. Comparativement, à l’échelle nationale, seuls 27 % de la population a vu la situation se dégrader.


Ophtalmo, la crise

Le constat est plus criant en gynécologie, avec une dégradation de la situation pour 85 % des habitants du département. Et pire encore en ophtalmologie, avec 99 % des ressortissants de l’Yonne pour lesquels l’accès à ce type de soins a empiré.

Sans surprise, la situation s’aggrave d’autant plus que l’on s’écarte des aires urbaines, plus particulièrement à distance de Sens et Auxerre. Et, si l’on ajoute la problématique des dépassements d’honoraires pratiqués par les spécialistes, l’accès aux soins pour les Icaunais devient, selon les données de l’UFC-Que choisir, particulièrement critique. 

 

 

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